Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 16:26
A la découverte des dernières périodes de Renoir


Exposition au Galeries Nationales, Grand Palais, Champs-Elysées
23 septembre 2009 - 4 janvier 2010


Plus d'une centaine de tableaux, dessins et sculptures donnent à voir l'oeuvre tardif d'un Renoir  méconnu, entre classicisme et modernité . Si la période impressionniste (1864-1883) a contribué à la notoriété du peintre, la "période nacrée" (1890-1897) et celle qui a suivi jusqu'à sa mort en 1919 ne sont guère connues du grand public.
 L'intérêt de cette exposition réside dans la mise en lumière d'un Renoir plus intimiste et classique, avec les tableaux de figures de ses proches et les nus féminins monumentaux.


Affiche de l'exposition
RENOIR AU XXe SIECLE


Fille à la collerette rouge
, Pierre-Auguste Renoir, 1896, Huile sur toile, 41,3x33,3cm
Philadephia Museum of Art


"Tableaux, genre vente"


Dans les années 1890, Renoir ne peint plus les scènes de bal ou les déjeuners de canotiers qui lui ont valu alors la reconnaissance de la critique - et aujourd'hui celle des marchands de carteries d'art.
Il choisit de peindre de sages jeunes filles aux cheveux longs jouant du piano, ou de brosser inlassablement le portrait de Gabrielle Renard, employée dans la famille Renoir  vingt ans durant; et modèle pour plus de deux cents tableaux - la belle Gabrielle lisant ou faisant de la couture. Ces tableaux aux teintes claires rencontrent un grand succès auprès du public et c'est non sans humour que le Maître les nomme ses "tableaux, genre vente" ! Il est vrai que pour Renoir, la peinture est faite pour embellir", comme il l'a dit à Bonnard et l'art est essentiellemnt décoratif. On imagine aisément ces nombreux "tableaux, genre vente" habiller les murs des grands salons des immeubles cossus de Paris !

Les baigneuses


Les trente dernières de sa vie, Renoir se consacre au nu féminin qui lui "paraît la
forme indispensable de l'art". Le corps de ces baigneuses exposées en série s'offre dans sa sculpturalité et contraste, par sa couleur nacrée, avec les aplats de rose sur le visage. Les références aux antiques et à Titien, Boucher ou Rubens sont implicites mais Renoir les revisite à sa manière. Les derniers nus occupent la toile toute entière, la justesse anatomique cèdant le pas à la monumentalité et la palette du peintre se colorant plus vivement.

Magnifique juxtaposition de toiles de Renoir et d'oeuvres postérieures

Même s'il s'agit de la première monographie consacrée à Renoir en France depuis 1985, cette exposition échappe à l'ennui d'un "grand rendez-vous" culturel parisien par la confrontation offerte entre certains tableaux de Renoir et des oeuvres de peintres postérieurs comme Picasso, Matisse ou Bonnard.





























La mise en regard de la Grande baigneuse (1921) de Picasso avec le Nu assis (1914) de Renoir réjouit l'oeil et l'esprit du visiteur, tout comme le rapprochement entre le tableau Deux modèles au repos  (1928) de Matisse et le Nu sur les coussins (1907) du Maître. Cette confrontation peut motiver à elle seule la visite de l'exposition, quoique la découverte du Renoir de la période dite "nacrée" et celle des nus classicisants puisse suffire !



Source : Le Petit Journal des grandes expositions n°423 - 23 septembre 2009-4 janvier 2010





Par Claire B. - Publié dans : EXPOS
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 20:38
Mes hommages, Madame !

La Poste a pris l'initiative de donner carte blanche à une école d'art pour se faire tirer le portrait. "Parlez de moi, y a que ça qui m'intéresse", disait Woody Allen. Idée judicieuse s'il en est, au vu des productions exposées.
 Les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts Appliqués Duperré ont  été les premiers à oeuvrer "pour rendre hommage à la présence de La Poste dans le quotidien de tous" (dixit le communiqué de presse). Certains artistes ont respecté les règles de bienséance, d'autres ont excercé avec bonheur leur liberté !
Une salle leur a été allouée du 4 mai au 29 août 2009, au Musée de La Poste à Paris, salle traversée incidemment  par les fous de carnets de voyages, ou visitée avec délectation par les aficionados d'art contemporain ou de Mail Art.

Productions originales

Si ce n'est quelques productions stéréotypées - élément du timbre qui s'échappe hors cadre, ou montage photo conventionnel - , certaines oeuvres ravissent le visiteur par leur ingéniosité ou par leur esthétique singulière.
La pile d'enveloppes en papier kraft, découpées et compressées, "Stratifications chroniques" de Maud VAUTOURS, vaut à elle seule le détour. Forte impression de minéralité pour ce qui n'est que du papier.
Le travail de Sarah MINERAUD intitulé "Au creux du timbre" surprend par sa simplicité et sa beauté. Superposition de paquets inégaux d'enveloppes blanches évidées dans leur partie supérieure droite, creux au format d'un timbre se répétant de façon systémique sur une colonne entière d'enveloppes vierges.

Quant au mur d'enveloppes éclairées et à la sculpture centrale destinée à acheminer le courrier, ils donnent envie de suivre ces artistes, pour la vision du monde que ces oeuvres sous-tendent...

"Enveloppées de lumière"
Sarah MINERAUD et Domitille THIBAULT


Chambre d'écriture ailée
"Acheminator" de Manuela MARTELLA


  FAIRE SUIVRE S.V.P. !



Par Claire B. - Publié dans : Musées
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Mercredi 29 juillet 2009 3 29 /07 /2009 11:00





Mail
Art-Work
Shop 26.VII.2009





Sylvain GEORGE, cinéaste et activiste politique actuellement en résidence au 104, a initié une exposition / rencontre avec Eric BENSIDON, artiste-collagiste très actif au sein du réseau des mail artistes (appelé aussi  Mail Art Network). Le cinéaste a reçu de nombreux envois du mail artiste prodigue,  militant aussi  de la première heure ! Il s'agit de la première exposition personnelle de l'artiste.
Les enveloppes  de Eric Bensidon, à l'esthétique unique par leurs timbres originaux  et  le jeu des écritures n'ont rien de décoratif : "De Nelson Mandela, Mumia Abu-Jamal aux prisonniers cubains en passant par les arrestations des personnes sans-papiers, les enveloppes postales de Eric Bensidon, véritables fragments poétiques et pamphlets visuels, redonnent un visage aux oubliés" (plaquette juillet-août du 104).
L'atelier 3 du 104 a été le théâtre d'une exposition éphémère où le visiteur a pu découvrir ce qu'est le Mail Art et la démarche engagée de l'artiste. Eric Bensidon a montré  à la fin de la rencontre comment il fabriquait un timbre et une enveloppe, les thématiques choisies étant la libération des 5 Cubains et le travail du dimanche ...













Timbre-hommage au cinéaste                                 Envois de E.B. à Syvain GEORGE


Eric Bensidon agitateur par voie postale


Nelson Mandela le détonateur


En 1987, Eric Bensidon a vu  une affiche sur Nelson Mandela, affiche qui l'a fortement interpellé. Il a  alors décidé de fabriquer des cartes-postales avec une photo en noir et blanc de Mandela  (trouvée dans l'Humanité) pour les faire circuler ; ces cartes étaient travaillées simplement avec des crayons de couleur. Il s'envoyait chaque jour une carte à lui-même, se disant qu'il les donnerait un jour à Mandela quand il le verrait. Si ses enveloppes n'étaient pas censurées, c'était que les postiers étaient pour la libération de Nelson Mandela !


Eric Bensidon se mit ensuite à fabriquer des timbres  en ne mettant pas de valeur mais en conservant LA POSTE sur la maquette de 2 cm sur 3 cm qu'il réalisait avec des ciseaux, de la colle et du papier. Ses premières enveloppes étaient composées d'un simple "timbre d'artiste", sans affranchissement, et ne comportaient pas encore de messages-coups de poing en lettres capitales sur toute l'enveloppe !


Mail Art et dimension politique

La démarche de Eric Bensidon est identique depuis plus de 20 ans : "J'essaie de faire un timbre sur les gens qui sont en prison, qui sont oubliés". Ainsi a-t-il pu faire de nombreuses enveloppes pour Mumia Abu-Jamal, ancien membre des Blacks Panthers emprisonné pour l'assassinat de Daniel Faulkner, un policier de Philadelphie Cet homme toujours en prison échappera aux couloirs de la mort en 1995 et 1999 grâce à la mobilisation internationale.


Autre engagement, celui pour la libération des 5 Cubains emprisonnés aux Etats-Unis pour terrorisme. Eric Bensidon a envoyé de nombreuses lettres à ces prisonniers. L'un deux lui a même envoyé avec quelques jours d'avance une carte de voeux-oiseau avec un "tocoloro" peint par ses soins ! L'artiste-collagiste a alors proposé à Antonio  Guerrero d'utiliser sa carte pour faire oeuvre commune, ce qui a donné un timbre à 4 initiales.


           

 Retour à l'expéditeur des enveloppes de Eric Bensidon en raison du changement de N° de P.O. BOX !




      

      "Tous les mois, Barak OBAMA a sa lettre ! "


Pour reprendre les mots de Sylvain George, les envois de Eric Bensidon retracent "une chronique de l'arbitraire, une chronique sociale"  où les thèmes de la crise économique, des droits des sans-papiers ou encore du train de vie du Président de la République sont traités avec force. Le recours aux lettres capitales et la formulation lapidaire choisie par Eric Bensidon font de ces enveloppes d'artiste de véritables tracts politiques !

Art-work / petite fabrique d'enveloppes


Eric Bensidon a expliqué aux visiteurs présents sa technique pour fabriquer des timbres : il réalise tout d'abord un collage sur un format de son choix, puis il colle le timbre réalisé sur une feuille blanche qu'il crante avec un ciseau special trouvé à Amsterdam  ! L'ensemble est alors collé sur une feuille de Canson de couleur. Quelques opérations de reprographie lui permettent de créer en final des planches de timbres qu'il apposera à l'unité ou en série sur ses enveloppes.

Pour l'enveloppe, l'artiste-collagiste choisit ses timbres, ses tampons (il aime bien l'étoile rouge...), des coupures de journaux ou des photos trouvées dans la presse. Il écrit ensuite au feutre le texte-coup de poing de façon linéaire, jusqu'à recouvrir entièrement l'enveloppe postale de ces lignes d'écriture. "Ma technique, c'est de répéter", dit-il avec son large sourire. 

Atelier 3

                                          "Moi, j'aime bien faire marcher la poste !"







                   TRAVAILLER + POUR CREVER + TRAVAILLER + POUR CREVER + TRAVAILLER+ POUR CRE-

                    VER  +TRAVAILLER + POUR CREVER + TRAVAILLER + POUR CREVER + TRAVAILLER + ...

 

 

 

Extrait de Lady L. de Romain Gary (Gallimard, 1963) :


"L'artiste a toujours été le complice des classes dirigeantes, et il le devient de plus en plus : on veut envoyer les masses fumer leur nouvel opium dans les musées, à la sortie de l'église, et pour les mêmes raisons. Je ne puis entendre dans la bouche d'un bourgeois le mot "culture" sans avoir envie de saisir mon pistolet ! [...] Les peintres exécrables de ce temps sont payés pour jeter un joli voile sur nos réalités sociales. Il ne saurait y avoir de beauté sans justice, d'art sans une réalité humaine digne d'être exaltée."

 

                                          Envoi d'un mailartwork à Eric Bensidon  le 31. VII. 2009

 


                                           Réponse d'Eric Bensidon le 13. VIII.2009


Merci à Sylvain George !

Par Claire B. - Publié dans : Mail art workshop
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /2009 09:35
LES TRETEAUX
DE NOGENT II

Quartier historique du Pâty





Intérieur / extérieur
Flânerie rapide à Nogent-le-Rotrou pour une expo à ciel ouvert, dans les rues du Pâty ou dans les belles maisons du quartier (L’Ecu de Bretagne, l’hôtel Lécuyer-La Papotière, l’ancien restaurant La Papotière). Belle occasion pour se glisser dans des cours sublimes ou pour pénétrer dans des demeures Renaissance magnifiques !
Découverte des productions de 70 artistes, peintres, graveurs, aquarellistes, sculpteurs, photographes, vidéastes, plasticiens en tous genres.

Polaroïds en série
Surprise heureuse au dernier étage d'un hôtel particulier délabré, L'Ecu de Bretagne, avec la rencontre d'une jeune artiste Eve Dufaud qui utilise le polaroïd de façon ludique pour se mettre en scène.
Invitation à choisir un accessoire (fouet, chapeau, cadre...) avant de passer devant l'objectif avec l'artiste, après un ultime réglage et le déclenchement du retardateur ! Le modèle devient un élément du décor, voire un accessoire au même titre que les objets proposés pour la mise en scène. Démarche originale !


























 Briefing avec Eve (à gauche)                                     Autoportrait au fouet !














"Faire au moins une fois ce qu'on ne fait jamais. Suivre, ne serait-ce qu'un jour, une heure, un autre chemin que celui où le caractère nous a mis."
(Christian Bobin, Autoportrait au radiateur, p.77, Gallimard NRF 1997)


Pour voir la mosaîque composée des 80 autoportraits réalisés dans la journée, cliquez ici.

GRAZZIE MILLE EVE !


Par Claire B. - Publié dans : EXPOS
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Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /2009 15:35

Mausolée Magritte ?   


200 oeuvres de l'homme au chapeau exposées sur 5 étages -  2500 m2 pour déambuler entre les oeuvres "classiques" et les vitrines exposant des documents d'époque. Des vidéos d'archives à chaque palier. Et LA BOUTIQUE au RDC, proposant carterie, vaisselle, catalogues, magnets and co !!!



Muséographie désuète qui fige totalement la révolution surréaliste dans la naphtaline ! Impression d'être dans une grotte où l'installateur lumière et le scénographe se sont donnés le mot pour que le visiteur fasse au pas de charge chaque étage, slalomant entre les vitrines et s'arrêtant ici et là sur une oeuvre-culte éclairée à la bougie. Un désastre !

L'ouverture récente du musée et le renom du peintre font de ce museum un haut lieu touristique, les visiteurs s'agglutinant devant chaque tableau édité en carte-postale. Sentiment d'être la pomme de la Chambre d'écoute ! Bref, un cauchemar qui donne envie de sortir très vite pour voir le ciel pommelé de Bruxelles... Une déception, à l'évidence !



Amour "vache" !


Emotions toutefois de voir L'Empire des lumières grandeur nature, en 114 x 146 cm, (tableaux de 1954 et 1961) et Le Domaine d'Arnheim de 1962 où la montagne bleutée devient aigle (huile sur toile, 146 x 114). Et d'autre toiles encore...

Bonheur de découvrir les bouteilles peintes,  le tableau Titania (1948, aquarelle et gouache sur papier, 75,4 x56,8) de la période "vache",  les projets d'affiches de 1938 pour la Centrale des ouvriers textilesde Belgique, et les portraits de Georgette la bien-aimée.

Citations assassines

Bonne surprise, l'Association des Amis des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique a permis la publication d'un petit livret de citations de Magritte.
Choix sélectif :
3.4. "L'art dit non figuratif n'a pas plus de sens que l'école non enseignante, que la cuisine non alimentaire, etc."
3.13. "La poésie est une pipe."
2.5. "La poésie écrite est invisible, la poésie peinte a une apparence visible."
2.15. "Tout ce que je sais de l'espoir que je mets dans l'amour c'est qu'il n'appartient qu'à une femme de lui donner une réalité."
2.16. "La grande force de défense, c'est l'amour qui engage les amants dans un monde enchanté fait exactement à leur mesure et qui est défendu admirablement par l'isolement."
2.22. "Mon seul désir est de m'enrichir de nouvelles pensées exaltantes."

-1.2. "J'ai vu le Musée des Offices à Florence, ce n'est pas mal, mais c'est mieux en carte illustrée."


J'ai vu le Musée Magritte à Bruxelles, ce n'est pas mal, mais c'est mieux en carte postale !


PS : En guise d'expérience surréaliste, allez voir éventuellement le musée du slip à Bruxelles, ce n'est pas une blague belge !

  ART CARD                                                                  
          L'ART EN VITRINE











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Par Claire B. - Publié dans : Musées
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