Exposition au Galeries Nationales, Grand Palais, Champs-Elysées23 septembre 2009 - 4 janvier 2010
Plus d'une centaine de tableaux, dessins et sculptures donnent à voir l'oeuvre tardif d'un Renoir méconnu, entre classicisme et modernité . Si la période impressionniste (1864-1883) a contribué à la notoriété du peintre, la "période nacrée" (1890-1897) et celle qui a suivi jusqu'à sa mort en 1919 ne sont guère connues du grand public.
L'intérêt de cette exposition réside dans la mise en lumière d'un Renoir plus intimiste et classique, avec les tableaux de figures de ses proches et les nus féminins monumentaux.
Affiche de l'exposition
RENOIR AU XXe SIECLE
Fille à la collerette rouge, Pierre-Auguste Renoir, 1896, Huile sur toile, 41,3x33,3cm
Philadephia Museum of Art
"Tableaux, genre vente"
Dans les années 1890, Renoir ne peint plus les scènes de bal ou les déjeuners de canotiers qui lui ont valu alors la reconnaissance de la critique - et
aujourd'hui celle des marchands de carteries d'art.Il choisit de peindre de sages jeunes filles aux cheveux longs jouant du piano, ou de brosser inlassablement le portrait de Gabrielle Renard, employée dans la famille Renoir vingt ans durant; et modèle pour plus de deux cents tableaux - la belle Gabrielle lisant ou faisant de la couture. Ces tableaux aux teintes claires rencontrent un grand succès auprès du public et c'est non sans humour que le Maître les nomme ses "tableaux, genre vente" ! Il est vrai que pour Renoir, la peinture est faite pour embellir", comme il l'a dit à Bonnard et l'art est essentiellemnt décoratif. On imagine aisément ces nombreux "tableaux, genre vente" habiller les murs des grands salons des immeubles cossus de Paris !
Les baigneuses
Les trente dernières de sa vie, Renoir se consacre au nu féminin qui lui "paraît
la forme
indispensable de l'art". Le corps de ces baigneuses exposées en série s'offre dans sa sculpturalité et contraste, par sa couleur nacrée, avec les aplats de rose sur le visage. Les références aux
antiques et à Titien, Boucher ou Rubens sont implicites mais Renoir les revisite à sa manière. Les derniers nus occupent la toile toute entière, la justesse anatomique cèdant le pas à la
monumentalité et la palette du peintre se colorant plus vivement.Magnifique juxtaposition de toiles de Renoir et d'oeuvres postérieures
Même s'il s'agit de la première monographie consacrée à Renoir en France depuis 1985, cette exposition échappe à l'ennui d'un "grand rendez-vous" culturel parisien par la confrontation offerte entre certains tableaux de Renoir et des oeuvres de peintres postérieurs comme Picasso, Matisse ou Bonnard.
La mise en regard de la Grande baigneuse (1921) de Picasso avec le Nu assis (1914) de Renoir réjouit l'oeil et l'esprit du visiteur, tout comme le rapprochement entre le tableau Deux modèles au repos (1928) de Matisse et le Nu sur les coussins (1907) du Maître. Cette confrontation peut motiver à elle seule la visite de l'exposition, quoique la découverte du Renoir de la période dite "nacrée" et celle des nus classicisants puisse suffire !
Source : Le Petit Journal des grandes expositions n°423 - 23 septembre 2009-4 janvier 2010
La Poste a pris l'initiative de donner carte blanche à une
école d'art pour se faire tirer le portrait. "Parlez de moi, y a que ça qui m'intéresse", disait Woody Allen. Idée judicieuse s'il en est, au vu des productions exposées.
Eric Be
Polaroïds en série
Impression d'être dans une grotte où l'installateur lumière et le scénographe se sont donnés le mot pour que le visiteur fasse au pas de charge chaque étage, slalomant entre les vitrines et
s'arrêtant ici et là sur une oeuvre-culte éclairée à la bougie. Un désastre !
L'ouverture récente du musée et le renom du peintre font de ce
museum un haut lieu touristique, les visiteurs s'agglutinant devant chaque tableau édité en carte-postale. Sentiment d'être la pomme de la Chambre d'écoute ! Bref, un cauchemar qui donne
envie de sortir très vite pour voir le ciel pommelé de Bruxelles... Une déception, à l'évidence !
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